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Carnet de BorD n°3

Décembre .16

 

A l’origine, tendre sa main paume ouverte vers quelqu’un pour lui donner le bonjour avait comme sens de montrer à l’autre que l’on n’avait pas de couteau dans la main et donc que l’on avait, sinon des intentions bienveillantes, en tout cas celle de vouloir faire une trêve ou mettre momentanément de côté toute intention hostile. « A l’origine » n’est sans doute pas le terme exact puisque « avant » il y avait sans doute des pratiques moins sociales, voir plus rudes, que chacun peut aisément imaginer. Toujours est-il que cela sous entend que les hommes ont, avec le temps, fait quelques progrès de civilité ou, en tout cas, sont parvenus à établir un code désormais reconnu de tous. Chacun peut avec son libre arbitre proposer à son prochain l’espoir que le pire n’est jamais écrit d’avance et que le meilleur est ou sera possible.

Aujourd’hui le geste peut être devenu une politesse machinale ayant parfois perdu toute signification de fond. Dès lors, peut-on le considérer comme une intention « non-violente » ? Il y a quelques semaines, un sportif olympique refusait de serrer la main de son adversaire au terme de l’épreuve qui venait de les opposer. Pour des raisons politiques et religieuses semble-t-il. Cela nous a donné l’envie de poser la question de savoir si refuser de donner une poignée de main à une personne qui vous a fait du tort ou qui a eu un comportement détestable envers vous, voir pire, était une attitude violente ou non-violente.

On peut juger légitime d’affirmer un sentiment envers quelqu’un en lui refusant sa main tendue tout comme on peut estimer devoir dépasser ses ressentiments et l’accorder tout de même. Dans la position inverse, on peut souffrir terriblement de s’être vu refuser la main qu’on tendait, tout comme on peut avoir apprécié de se l’être vu tendue et ainsi s’être vu accordé un retour de confiance faisant évoluer une situation bloquée!

Peut-être avez-vous fait l’expérience heureuse ou amère de ces quatre situations – donner ou refuser une poignée de main, s’en voir accorder ou refuser une - et nous serions ravi que vous nous fassiez la narration de vos vécus personnels afin de nous puissions nous en inspirer dans le cadre de notre roman BD de fiction « AHIMSÂ l’instant neige »… notamment si l’un de ces cas de figure vous a semblé débloquer un conflit ou offrir la possibilité d’une évolution par rapport à la situation qui présidait « avant ». En d’autres termes, si le fait d’avoir opté pour tel ou tel parti pris aura changé quelque chose ou aura laissé la situation figée ? Nous vous remercions par avance pour vos envois.

Bonne lecture de ce nouveau CARNET DE BorD et « bise » pour tous en ces fêtes de fin d’année!  

FARINE

En cette période de Noël, nos pensées vont aux habitants d’Alep et aux victimes des attentats de Berlin. Les violences n’ont pas de trêve et il est parfois difficile de garder le cap de ses convictions non violentes là où certaines âmes cèdent aux replis primaires ou aux harangues belliqueuses.

AHIMSÂ l’instant neige naviguera dans ces eaux périlleuses et traitera par la fiction de nos doutes, de nos espoirs et surtout de l’utopie réaliste et concrète que propose la non violence.

A cette fin, le graphisme de notre bande dessinée sera traité dans un style réaliste et concret, parfois sec et sombre - comment faire autrement - mais aussi lumineux et généreux, nous l’espérons!

Cependant, l’un de nos personnages sera tout à fait atypique dans le fil de notre récit : il s’agit de Farine et c’est elle que nous avons choisi de vous présenter pour ce CARNET DE BorD des fêtes.

Sorte de petit prince au féminin, elle est « une esquisse ayant pris vie », qui s’invitera en contrepoint dans la réalité de certains de nos personnages et apportera sa candeur et sa poésie là où les mots ne sauront pas toujours dire l’indicible. Pas question de vous en révéler plus dès à présent - qui elle est, où elle vie, et quel sera son cheminement dans l’histoire - mais nous avons pensé que sa silhouette fragile et paisible serait douce à nos états d’âmes présents.

Farine est née il y a déjà quelques année sous le crayon de Dom et, avec la complicité du scénariste Gégé, a vécu pendant un an de petites histoires dans les pages du journal « Moi je lis » de éditions MILAN jeunesse. Depuis, elle réapparut spontanément au cours d’une séance d’écriture d’AHIMSÂ et a pris une place singulière au fil des pages de notre histoire. En attendant de découvrir ses aventures à la parution d’AHIMSÂ, nous espérons que vous lui ferez bon accueil avec les quelques strips suivants parut initialement en 2008.

Jeûne ou grève de la faim ?

AHIMSÂ l’instant neige ne peut aborder la non-violence active sans aborder la question de « la grève de la faim », qui est l’un des « outils » parfois choisi par des personnes engagées afin de mener leur lutte. Pour la première fois sans doute dans une BD, au travers de l’un de ses personnages, les lecteurs pourront vivre ce que représente le fait de faire un jeûne ou une grève de la faim : la prise de décision, le ressenti physique et psychologique, la préparation individuelle et collective, l’impact public (« Moi, je ne pourrai jamais sauter un repas ! » est la phrase que la majorité des jeûneurs entendent en premier), les stratégies politiques et sociales que cela implique, les conséquences et réactions que cela provoque !

Du 6 au 9 août dernier, pour la commémoration des catastrophes d’Hiroshima et Nagasaki, cinq jeûneurs ont manifesté leur opposition aux armes atomiques à la presqu’Ile de Crozon dans le Finistère, à quelques kilomètres de la base de sous-marins atomiques français, en cessant de s’alimenter pour exiger un désarmement unilatéral. Bonne occasion pour nous de vivre les choses et les événements « de l’intérieur » afin de les restituer ensuite dans l’une des séquences du livre !

Les jeûneurs ont rejoint « La marche pour la Paix » le 8 août. Où l’on réalise avec surprise que l’on peut être pour la paix… mais pas contre les armes de dissuasion nucléaire !

Minute de silence à la mémoire des victimes des bombes atomiques devant le monument aux morts de Brest.

Visite de trois motards de la gendarmerie nationale. Le commandant nous explique aimablement « Ici, à Crozon, une bonne partie de la population vit du nucléaire et il se peut que certains se montrent agressifs ou violents avec vous : ne cédez pas à la provocation et ne leur répondez pas ! » Merci qui, pour les bons conseils ?

Discussion passionnante avec Jean, qui a travaillé 8 ans dans l’industrie nucléaire et sait parfaitement expliquer pourquoi il en a démissionné.

Détente et repos pour les jeûneurs.

Rupture de jeûne, après quatre jours uniquement à l’eau, avec une merveilleuse soupe de légumes préparée tous ensemble.

« Mourir pour des idées, d’accord mais de mort lente ! »

Il y a des thèmes particulièrement délicats à aborder. Par exemple celui de la notion de sacrifice. Le terme est à la fois banalisé (se sacrifier pour ses enfants, pour son travail), édifiant (se sacrifier sa vie pour la patrie) ou sacralisé (le sacrifice du Christ). Pour les uns, le sacrifice est légitimé s’ils y voient de l’héroïsme, pour d’autres s’ils y trouvent un martyr.

La non-violence active pose nécessairement la question du don de sa vie pour défendre un idéal ou une cause. Dans les combats non-violents, elle a cette particularité d’être un choix intime qui peut s’incarner là où par ailleurs l’action collective est essentielle. Nous commençons seulement à aborder la question car le sujet semble tabou et plusieurs fois nous avons du la retarder tant les discussions que nous tentions de mener étaient difficiles. A suivre…

Dom a retrouvé dans ses archives l’un de ses dessins (vieux de 36 ans) réalisé lorsqu’il avait seulement 21 ans. Certains thèmes semblent avoir la vie dure car déjà celui du sacrifice était présent… tout comme son goût (incurable) pour les jeux de mots puisqu’il l’avait intitulé « Martyr, c’est mourir un peu ! ».

Sur le pont

Nous étions invités à Lorient aux journées d’été d’EUROPE ECOLOGIE LES VERTS avec le stand des Dessin’Acteurs : très bonne ambiance et quelques nouveaux contributeurs AHIMS ! Pour l’occasion, plusieurs tirages de tee-shirts ont été réalisés : le barman du Palais des congrès a fièrement arboré celui de notre livre durant les trois jours !

A l’invitation du PEUPLE DES DUNES (collectif contre l’extraction de sable en baie de Lannion) nous avons tenu le stand de l’association et l’exposition « Tout va de traviole ! » … au milieu des sables ! L’occasion pour Hélène de partager son enthousiasme et son sourire avec les nombreux participants à cette rencontre Convergences des luttes.

Agenda

Etienne et Dom étaient, avec des dizaines de milliers d’autres, à Notre Dame Des landes le 8 octobre dernier pour manifester mais aussi faire des repérages photos et des prises de vues pour une séquence d’AHIMSÂ. Chacun était invité à venir avec un bâton personnalisé et à le planter sur un talus de cent mètres de long : une magnifique œuvre collective que les autorités oseront-elles détruire ?

Le lendemain, dimanche 9, ils étaient à le foire bio de Guichen (35) sur le stand de l’association LES DESSIN’ACTEURS qui était tenu par Dohina et Nathanaël. Pour l’occasion, nous proposions pour la première fois des tee-shirts « AHIMSÂ l’instant neige » !

Tribunal Monsanto de La Haye

Du 14 au 16 octobre 2016 s’est déroulé l’INTERNATINAL MONSANTO TRIBUNAL dans la ville de La Haye aux Pays-Bas : ce vrai-faux procès de Monsanto (l’agent orange, les ogms,…) a été filmé par Marie-Monique ROBIN. Dom a réalisé plusieurs dessins pour cette occasion.

Le 17 janvier 2017 aura lieu au Mémorial de la Shoah de Paris l’inauguration d’une grande exposition « La Shoah dans la bande dessinée ». Plus de deux cents planches de BD originales seront présentées au public dont une histoire de sept pages, « Le gâteau de Robert », réalisée il y a huit ans par Serge LETENDRE au scénario et DOM aux dessins (Lidwine à l’époque).

« Les fils de l’Homme » d’Alfonso CUARÔN, film anglo-américain

Film inclassable et à la fois totalement, absolument, au plus proche de chacun de nous, pour le pire ou le meilleur, c’est selon !

Parler d’un film suppose de raconter son histoire, d’évoquer le jeu de ses acteurs, de commenter les intentions de sa réalisation! Ici, un seul mot (enfin, neuf !): à voir et revoir, dans toute l’urgence de l’actualité (pourtant le film date « déjà » de 2005)!

Dire seulement l’incroyable et éblouissante virtuosité de la mise en scène (on se demande comment certaines séquences ont pu être tournées, notamment un long plan séquence dans le dernier tiers du film) et la terrible justesse de situations!...

Mais foin de phrases exclamatives : ne serait-ce que pour la beauté unique de « l’instant neige » : la femme descendant l’escalier d’un immeuble avec son bébé en pleurs dans les bras, et l’ambivalence que suggère ce passage (les pleurs du bébé n’arrêteront pas le combat mais sauveront la mère et l’enfant), vous ne pouvez passer à côté de la puissance narrative de cette histoire (!).

Archives



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